Il y a trente ans, un petit groupe de réviseurs de Toronto fondait la Freelance Editors’ Association of Canada (FEAC) dont l’objectif était de réduire le sentiment d’isolement des réviseurs professionnels et d’améliorer leur situation financière collective. Aujourd’hui, ce petit groupe s’est transformé en une association de plus de 1600 membres, avec des sections d’un bout à l’autre du Canada et une Permanence nationale composée de professionnels. L’Association canadienne des réviseurs (ACR) représente aujourd’hui des réviseurs salariés et pigistes, ainsi que des étudiants en révision. En outre, l’Association offre aux réviseurs chevronnés qui travaillent en anglais un parcours qui mène au titre convoité de réviseur professionnel agréé (RPA).
Nous avons rassemblé une sélection d’événements dignes de mention survenus au cours des 30 années d’existence de l’Association, incluant de rapides coups d’œil dans l’histoire de chacune des six sections ; nous avons aussi fait une razzia aux archives de la Permanence nationale pour y dénicher des photos et des documents de cette époque. Découvrez la rétrospective des activités de la troisième décennie de l’Association.
Troisième décennie de l’ACR
2001 : L’agrément et les manifestants du G7
par Lee d’Anjou
Quiconque ayant participé et donné beaucoup de temps au Comité de l’agrément en anglais de l’ACR (EAC’s Certification Committee) dispose d’une montagne d’anecdotes. L’une de mes favorites est survenue à Ottawa, à l’automne 2001, lors d’une fin de semaine de travail coïncidant avec une rencontre des pays du G7.
Nous avions prévu depuis longtemps d’emprunter le bureau de Peter Moskos, situé au centre-ville d’Ottawa, pour y tenir la réunion de notre comité. Les médias d’information rapportaient des risques de manifestations contre le G7, mais cela ne nous inquiétait guère puisque nous étions bien informés : la sœur de notre coordonnatrice travaillait pour la police d’Ottawa, tandis que ma fille Alice, pigiste experte en communications, avait obtenu un contrat de la GRC pour gérer l’information publique. Selon ces deux sources, il était improbable qu’une manifestation ait lieu à proximité du bureau de Peter.
Nous nous sommes donc réunis au bureau de Peter, juste avant l’heure du souper. Lorsque Jonathan Paterson est arrivé, il nous a conté avoir rencontré des policiers bâtis comme des armoires à glace à l’extérieur du Tim Horton’s, l’immeuble voisin au nôtre. Bientôt, d’autres membres rapportaient que les rues étaient noires de soldats en tenue anti-émeute.
J’ai immédiatement appelé ma fille sur sa ligne privée. Bien qu’elle ne puisse me donner sa localisation exacte, elle m’a assurée qu’elle pouvait voir la devanture de l’édifice de Peter de là où elle était et qu’aucune activité de manifestation n’avait lieu. Elle a toutefois ajouté qu’une bonne douzaine d’agents de la GRC en tenue anti-émeute l’accompagnait, et le chef de l’unité ajouta qu’il n’hésiterait pas à envoyer ses hommes à ma rescousse si j’étais en danger. Alice poursuivit en prédisant que les hommes allaient se battre pour être choisis. (Vous ai-je dit qu’Alice est une belle jeune femme?)
Nous n’avons pas eu à rappeler Alice car tout est resté calme cette nuit-là. Cependant, Peter jugea qu’il était plus sûr de tenir les rencontres des deux journées suivantes chez lui. J’ai écrit une note de remerciement à l’agent de la GRC qui avait été à la tête de l’unité accompagnant ma fille. Sa réponse fut charmante, rehaussée de bons vœux de succès pour le comité et accompagnée d’une épinglette de verre à l’effigie de la GRC.
2005 : Huit ans plus tard la section de la Saskatchewan prend son envol
La section de la Saskatchewan est l’idée originale de Perry Millar. En 1998, Perry déménage de Vancouver, où elle était active en tant que membre de la section de la Colombie-Britannique, pour s’installer à Saskatoon. Elle est donc devenue membre de la section des Prairies mais… les réunions à Edmonton lui semblaient si loin!
S’ennuyant de la collégialité et du perfectionnement professionnel dont elle avait pu profiter en tant que membre à Vancouver, Perry s’est mise à composer une liste rudimentaire des réviseurs de sa région. À l’automne 2001, elle organise une réunion dans une bibliothèque locale et environ 15 réviseurs intéressés s’y présentent. Perry partage avec eux l’expérience qu’elle a vécue au sein de la section de la Colombie-Britannique, de même que les avantages dont elle a pu bénéficier en tant que membre. De cette réunion, un petit noyau de pigistes se forme et commence à se rencontrer mensuellement sous le toit de l’église locale, la Unitarian Church. Michelle Boulton, Wilfred Popoff et Jane Billinghurst sont du nombre et forment le tout premier conseil d’administration du groupe.
La plupart des rencontres initiales portent sur le perfectionnement professionnel, et ce sont les membres du groupe qui recherchent les sujets pour les présenter ensuite. Cette formation a la chance de pouvoir tirer profit de l’expertise de Jane Billinghurst, une rédactrice en chef ayant de l’expérience en organisation d’ateliers. (L’équipe reconnaît aussi rapidement les talents artistiques de Michelle Boulton, qui a su faire connaître le groupe localement grâce à ses affiches d’ateliers et autres documents de promotion.)
Jusqu’en 2005, ce petit groupe de réviseurs est demeuré un sous-groupe de la section des Prairies qui, au départ, avait fourni la somme de 400 $ comme capital de démarrage. Dès le premier atelier cependant, le groupe devient entièrement autosuffisant. C’est par le bouche à oreille au sujet de ses ateliers et du perfectionnement professionnel dont il est question lors de ses réunions que le groupe se fait connaître, faisant ainsi petit à petit croître son nombre d’adhérents.
Le groupe connaît une autre percée en 2004, lors du congrès annuel à Calgary. Puisqu’il s’agit du premier congrès tenu dans l’Ouest canadien depuis longtemps, quelques membres de l’équipe s’entassent dans une fourgonnette pour s’y rendre. Impressionné par l’ouverture et l’accueil chaleureux qu’il a reçu, le groupe en revient comblé par un puissant sentiment d’appartenance.
Le noyau du groupe d’alors comprend Susan Bond Hurka, qui s’y est greffée après le congrès de Calgary, Peter Derbawka et Nora Russell. Au fil du temps, les autres membres actifs au sein du groupe, Jen Pederson, Ursula Acton, Felicitas Egunyu, Mark Stanley et Shirley Collingridge, ont tous siégé à son conseil d’administration.
En 2005, soit huit années après l’immigration de Perry Millar à Saskatoon, et avec environ 20 membres à son actif, un revenu stable provenant des ateliers, ainsi qu’un compte en banque suffisamment garni pour soutenir le groupe, Saskatoon devient une section officielle de l’association, intitulée « section de Saskatoon ». Puis, en 2008, à la suite d’un rapprochement avec des membres de Regina, le conseil d’administration de la section se rend compte de la maladresse associée à son appellation. En effet, il semble étrange de nommer « Saskatoon » une section qui assure la responsabilité de toute la province de la Saskatchewan. C’est pourquoi, en 2009, on la rebaptise « section de la Saskatchewan ».
La fatigue propre aux groupes à faible effectif a récemment gagné la section de la Saskatchewan, qui a aussi dû manœuvrer quant à la façon de soutenir les activités de l’ACR à Regina. Alors que l’évolution de la section de Saskatoon a été grandement avantagée par l’expérience antérieure de Perry Millar au sein de l’ACR, l’absence d’une telle expérience à Regina rend la tâche plus ardue.
Toutefois, peu importe les défis qu’elle devra surmonter, la section de la Saskatchewan s’est engagée à poursuivre les activités de l’ACR. En effet, aucun de ses membres n’est intéressé à abandonner le soutien et la camaraderie qu’ils ont découverts au cœur de cette grande communauté de réviseurs.
Repères historiques 2000–2010
• mars 1999 : Embauche de la première directrice de l’association, Connie John
• 2000 : Création du nouveau logo bilingue
• 2000 : Publication de l’édition revue de Meeting Editorial Standards
• mai 2000 : Premier congrès de l’ACR/EAC à Vancouver
• mai 2000 : Lancement de la deuxième édition de Editing Canadian English
• automne 2001 : Rencontre entre des membres du Comité d’agrément en anglais et des soldats en tenue anti-émeute à Ottawa (lire « L’agrément et les manifestants du G7 »)
• juin 2002 : Premier congrès de l’ACR/EAC à Montréal
• juin 2003 : Vote pour une restructuration
• juin 2003 : Embauche de la première directrice générale de l’ACR, Lynne Massey
• 2004 : Enquête exhaustive sur les adhérants, appuyée par le Ministère du patrimoine canadien
• juin 2004 : Premier congrès de l’ACR/EAC à Calgary
• juin 2005 : Création de la section de Saskatoon (lire « Huit ans plus tard la section de la Saskatchewan prend son envol »)
• juin 2005 : Adoption des premiers Règlements de l’ACR
• 2006 : Premier examen d’agrément de l’ACR (domaine : Connaissances de base du processus d’édition et Correction d’épreuves)
• février 2006 : Lancement du nouveau site Web de l’association (connu sous l’appellation « blue site » ou le « site bleu »)
• juin 2006 : Adoption des Principes directeurs en révision professionnelle (le résultat de quatre années de labeur)
• juin 2006 : Restructuration et adoption des catégories d’adhérant, étendant le droit de vote à près de la moitié des adhérants
• 2007 : Attribution des premiers titres de réviseurs agréés en correction d’épreuves
• 2007 : Premier examen d’agrément en préparation de copie
• 2008 : Attribution des premiers titres de réviseurs agréés en préparation de copie
• 2008 : Premier examen d’agrément en révision structurale et stylistique
• juin 2008 : Premier congrès de l’ACR/EAC à Edmonton
• été 2008 : Lancement du nouveau Répertoire électronique des réviseurs (RÉP)
• avril 2009 : L’ensemble des membres actifs de l’ACR/EAC dépasse 1 600
• mai 2009 : Adoption de la révision des Professional Editorial Standards par scrutin référendaire
• juin 2009 : Attribution des premiers titres de réviseurs professionnels agréés et de réviseurs structuraux et stylistiques agréés
• juin 2009 : Annonce de la mise sur pied de la bourse d’études Claudette-Upton (cette bourse est remise annuellement pour reconnaître les efforts d’un étudiant prometteur en révision parmi les membres de l’ACR).